
Du chêne apparent au clé en main : les usages architecturaux de Batichêne
Un matériau de construction ne se juge pas seulement à ses performances techniques : sa capacité à s’intégrer dans un projet architectural, à en révéler l’esthétique ou à simplifier le chantier, compte tout autant. Sur ce terrain, Batichêne, premier panneau CLT 100 % chêne, présente une double identité qui mérite d’être détaillée : celle d’un élément structurel invisible, et celle d’un parement fini, chêne apparent, qui devient lui-même un geste architectural.
Un panneau structurel polyvalent
Dans sa version standard, Batichêne se décline en 3 ou 5 plis, pour des épaisseurs respectives de 62 mm et 104,5 mm, en panneaux préfabriqués sur mesure jusqu’à 6,30 x 3,30 m. Cette polyvalence permet de l’utiliser en mur comme en plancher, en élément de structure, en contreventement ou en cloisonnement, dans des configurations variées : bâtiments simples, structures multi-appuis, ou encore porte-à-faux. Il est adapté aussi bien au résidentiel qu’aux établissements recevant du public (ERP) ou aux bâtiments tertiaires.
Un avantage technique mérite d’être souligné du point de vue de la conception : à performance égale, le panneau chêne est plus fin qu’une solution traditionnelle, ce qui permet de réels gains d’espace, à la fois en hauteur sous plafond et en surface au sol — un argument non négligeable pour les projets en zone urbaine dense où chaque mètre carré compte.
Le chêne apparent, une signature esthétique
Là où Batichêne se distingue vraiment, c’est dans sa capacité à être laissé apparent. Le panneau peut en effet servir de parement fini en mur, de sous-face finie en plafond, ou même de sol en parquet fini. Le chêne massif, avec son grain et sa teinte caractéristiques, devient alors un élément de design à part entière plutôt qu’un simple support cocaché derrière des finitions rapportées.
Cette approche s’inscrit dans la filière dite « sèche » : en exploitant l’aspect naturel du bois, elle permet de limiter, voire de supprimer, les interventions de second œuvre habituellement nécessaires — plaques de plâtre, peinture, revêtements de sol supplémentaires. Le résultat : un chantier plus rapide, moins de corps de métier à coordonner, et une esthétique brute assumée dès la structure.
Un premier chantier test grandeur nature
La réhabilitation de deux bâtiments du lycée Jeannette Guyot, à Châlon-sur-Saône, a servi de premier cas d’usage concret pour ce matériau : 1 600 m² de panneaux y ont été mis en œuvre en murs et en plafonds, sous la conduite du groupe Ducerf et de l’agence Olivier Le Gallée Architecture. Ce chantier a permis de valider en conditions réelles les qualités de mise en œuvre du panneau, dans un contexte de réhabilitation — un secteur où la préfabrication et la rapidité d’exécution sont particulièrement recherchées.
Une liberté architecturale renouvelée
Pour les architectes et maîtres d’ouvrage, Batichêne ouvre ainsi un champ des possibles qui dépasse la simple question structurelle : le même matériau peut assurer la tenue du bâtiment et en constituer la signature esthétique visible. Une manière de repenser la hiérarchie traditionnelle entre « structure » et « finition », au profit d’une architecture plus directe, plus sincère dans l’expression de ses matériaux — et, in fine, plus sobre dans son processus de mise en œuvre.
À mesure que la filière montera en puissance à Charolles, il sera intéressant de suivre les prochains projets qui s’empareront de cette double casquette structurelle et esthétique du chêne bourguignon.
